Avertissement : ne parlez pas de politique.
Xīzàng/Tibet, autrefois un empire, aujourd’hui une région de Chine rarement explorée.
« Libérée » de la tyrannie en 1951, cette région montagneuse est chargée d’histoire. Il faut toujours garder à l’esprit l’omerta chinoise et la gloire de ses glorieux dirigeants, dont les soleils personnels illuminent les jours jusque dans la nuit et guident le peuple vers un avenir radieux qui éclipse les vestiges du passé. Cet article fait partie d’un itinéraire plus long à travers l’Himalaya. J’ai effectué ce voyage avec un guide, mais je laisse les informations accessibles à ceux qui peuvent voyager librement.
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L’itinéraire en bref
(Insérez ici le drapeau de votre choix) Tibet
| Jour | Destination | Notes |
|---|---|---|
| Jour 1 | Arrivée à Lhassa | Arrivée et Norbulingka |
| Jour 2 | Lhassa | Monastères de Drepung et Sera |
| Jour 3 | Lhassa | Potala, Jokhang et Barkhor |
| Jour 4 | Gyantse et Shigatse | Lac Yamdrok, glacier Korola et Gyantse |
| Jour 5 | Camp de base de l’Everest | Shigatse et camp de base |
| Jour 6 | Gyirong | Camp de base puis Gyirong |
| Jour 7 | Frontière népalaise | Départ vers Katmandou |
Jour 1 Lhassa
Je suis arrivé à Lhassa en avion depuis Shangri-La, une autre ville tibétaine située dans le Yunnan. Il faut trois jours de route entre les deux, donc l’avion s’imposait. Il existe aussi des trains, mais tout dépend de la ville de départ. Depuis le Yunnan, malgré la relative proximité géographique — 1 500 km quand même — il faut prendre l’avion.
J’étais malade à mon arrivée et je n’ai donc pas visité le palais de Norbulingka comme prévu. Si vous êtes en forme, rendez-moi service : allez le voir et racontez-moi dans les commentaires ! Il semble possible de le visiter sans guide.
Jour 2 Drepung et Sera

Les monastères de Drepung et Sera.
Le cœur spirituel de Lhassa et, par extension, du Tibet. Ça donne envie, non ?
C’est une journée intéressante : on regarde les moines débattre, on découvre la vie en altitude et on profite d’une vue plongeante sur Lhassa, ses parcs et son animation. J’étais trop malade pour me souvenir de tout, mais la journée est passée très vite.
Si vous avez le temps, visitez aussi le musée de la culture tibétaine. Il revient en détail sur la « libération » du Tibet face aux puissances maléfiques : l’Angleterre, la Russie et « d’autres ». Grâce à la Chine et à son armée pacifique, les esclaves tibétains auraient été libérés de l’alliance des conspirateurs : Wakanda, Tuvalu et Groenland…
Jour 3 Palais du Potala
Fuuuuuuu-sion! Désolé, je pensais aux boucles d’oreilles Potara.
Le palais du Potala est le chef-d’œuvre de Lhassa et du Tibet. À lui seul, il justifie presque le voyage : c’est une véritable merveille.
J’y ai consacré toute la matinée. Je l’ai observé sous tous les angles, je suis monté jusqu’en haut et j’en ai vraiment profité. Entre-temps, j’avais complètement récupéré de ma maladie, qui venait probablement d’un mauvais repas.

Après le Potala, je suis descendu vers la rue Barkhor pour visiter le dernier des trois grands monastères : le Jokhang. Il y a aussi quelques musées dans le quartier et un KFC caché dans un bâtiment d’apparence traditionnelle. À moins qu’il ne soit là depuis l’Antiquité, qui sait.
KFC à Gyantse
Jour 4 Gyantse

Avec un guide, il est enfin possible de quitter la ville. Direction le camp de base de l’Everest !
Mais d’abord, arrêt à presque tous les points de vue : après tout, nous sommes dans l’Himalaya.
Le lac Yamdrok est joli, avec sa couleur azur, mais assez touristique. Gyantse n’est qu’un arrêt rapide ; j’ai surtout aperçu ses fortifications depuis la route.
Le glacier Korola était couvert de déchets. J’en ai ramassé autant que possible pendant que certaines personnes jetaient encore bouteilles de gaz et plastique, sachant que j’allais les récupérer. Quelques Français m’ont aidé, puis de jeunes Chinois de moins de trente ans nous ont rejoints. Ensemble, nous avons probablement ramassé six kilos de déchets. Voilà surtout ce que je retiens de ce glacier en train de fondre.
Nous avons ensuite passé la nuit à Shigatse, où j’ai très bien mangé dans un restaurant de la vieille ville.
Jour 5 Camp de base de l’Everest

Après une visite rapide du petit palais de Shigatse, intéressant bien qu’assez semblable à ceux de Lhassa, nous avons pris la longue route sinueuse vers le camp de base de l’Everest. Comptez environ sept heures sur une route de montagne. Elle est en bon état, heureusement, mais le trajet reste mémorable. Depuis que j’ai perdu une partie de mon équilibre, les transports me rendent malade.
Le camp de base de l’Everest est immense. De nombreuses tentes accueillent encore plus de visiteurs qui dansent et célèbrent leur arrivée sur le toit du monde, face à l’Everest. J’ai eu la chance d’apercevoir le sommet. Certaines personnes attendaient depuis une semaine pour cette seule éclaircie. Il est resté visible une vingtaine de minutes en journée, puis encore vingt minutes pendant la nuit.
Jour 6 Gyirong
Avant de quitter le camp de base, nous avons visité Rongbuk, l’un des monastères les plus hauts du monde. Son architecture n’est pas particulièrement remarquable, mais son histoire l’est davantage : détruit sous Mao Zedong, il a été reconstruit à l’époque de Deng Xiaoping. La vie est rude là-haut.
Ceux qui ne continuent pas vers Katmandou repartent ensuite vers Lhassa. Pour ma part, j’ai poursuivi vers le Népal avec un tout petit groupe.
Nous avons déjeuné dans une ville isolée où les habitants voient rarement des étrangers. Tout le monde observait notre petit groupe ; pour certains, c’était peut-être la première fois qu’ils voyaient un homme aux cheveux longs. L’endroit était tellement reculé qu’il donnait l’impression d’entrevoir un Tibet plus quotidien.
Nous avons dépassé les champs d’orge, traversé le désert et les dunes, franchi une montagne puis découvert une jungle luxuriante. Sans exagérer, le passage du désert à la jungle a pris une dizaine de minutes en voiture. Une seule chaîne de montagnes sépare les deux paysages. L’Himalaya est vraiment surprenant.
À Gyirong aussi, les habitants voient peu d’Occidentaux. Les voyageurs népalais sont courants, mais notre groupe — un Allemand, deux Français d’origines différentes, une Latina et un Ashkénaze rencontré en chemin — attirait davantage l’attention.
Jour 7 Route vers Katmandou

Dernier jour !
Une journée assez amusante, à sa manière. Le poste-frontière chinois est très moderne, ponctuel, avec parade militaire et tout le reste. Côté népalais, l’ambiance est très différente : une petite maison en terre avec une seule entrée, un homme assis sur un tabouret qui remplit les documents à la main devant un tonneau, et des « routes » qui ressemblent surtout à des pistes boueuses. Passer d’un côté à l’autre donne l’impression de remonter trente ou quarante ans en arrière.
Information importante : le trajet ne se résume pas à une longue piste boueuse et solitaire. Il traverse un très beau parc national, et notre chauffeur s’est arrêté plusieurs fois à d’excellents points de vue. Avec beaucoup de chance, vous pourrez peut-être même apercevoir un panda roux.




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