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L’un des berceaux de l’humanité, et le seul pays africain à n’avoir jamais été colonisé.
L’Éthiopie cache encore bien des secrets, un pays sur la route la moins fréquentée.
Peut-être à cause de la guerre civile ou de la peur qu’inspire encore le mot Afrique,
le nom d’une déesse oubliée pour un continent gravé dans les mémoires.
Relié à un voyage plus long : cet itinéraire en Éthiopie ouvre mon grand voyage en Afrique de l’Est. Consultez mon itinéraire complet en Afrique de l’Est pour voir comment j’ai continué par le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda et le Rwanda.
Ce voyage faisait partie de mon périple en Afrique de l’Est.
Je l’ai fait en juillet 2023, et j’ai rédigé cet article en octobre 2025.
Avant de plonger dans le récit, quelques considérations :
- Le pays n’est pas vraiment sûr
- La police est corrompue, Addis est un repaire de voleurs
- Voyager seul est rare ; et il y a une raison
- Chaque région a son propre climat
- Les arnaques sont fréquentes → j’en reparle plus bas
- L’anglais est assez courant
- L’Éthiopie est chère et vaste
- Une guerre civile a éclaté autour de 2020, et le pays reste encore secoué
Note : cet article logistique peut aussi être utile
Conseils pour voyager en Afrique
Itinéraire express
🇪🇹 Éthiopie
| Jour | Destination | Notes |
|---|---|---|
| Jour 1 | Addis-Abeba | Arrivée |
| Jour 2 | Gondar | Bus vers Gondar |
| Jour 3 | Entrée dans les Simien | Route, formalités et première marche |
| Jour 4 | Monts Simien | Falaises, cascades et retour |
| Jour 5 | Gondar | Château et ville |
| Jour 6 | Bahir Dar | Découverte |
| Jour 7 | Bahir Dar | Chutes du Nil Bleu & lac Tana |
| Jour 8 | Lalibela | Bus vers Lalibela |
| Jour 9 | Lalibela | Églises rupestres |
| Jour 10 | Lalibela | Monastères |
| Jour 11 | Lalibela → Harar | Vol vers l’est |
| Jour 12 | Harar | Vieille ville & hyènes |
| Jour 13 | Addis-Abeba | Retour & repos |
| Jour 14 | Arba Minch | Porte de la vallée de l’Omo |
| Jour 15 | Dorze | Village et cuisine |
| Jour 16 | Turmi et Hamar | Marchés et route |
| Jour 17 | Mursi et Konso | Dernières visites |
| Jour 18 | Konso → Moyale | Frontière avec le Kenya |
Je n’ai pas inclus le nord extrême ni la dépression du Danakil : la zone restait tendue.
Axoum et Dalol étaient hors limites pour la plupart.
(Certains ont réussi à y aller, bravo à eux ^(=_=)^)
Jour 1 Addis-Abeba

Cuisine éthiopienne
Bienvenue à Addis, ville de contrastes, de café et de chaos, de prières et de pickpockets.
Des escrocs te suivront pour “pratiquer l’anglais”, puis demanderont un pourboire absurde.
Les photos de pauvreté, de bidonvilles, de bâtiments officiels ou de centres culturels sont interdites.
La police peut te frapper pour ça. Ne leur fais pas confiance.
Et ne drague jamais une policière. Ce n’est pas une bonne idée.
À faire : Meskel Square, le Musée ethnologique, le Musée national d’Éthiopie (où repose Lucy).
J’ai aussi bien aimé l’église Saint-Georges et ses tortues, ainsi que la cathédrale de la Sainte-Trinité.
En fin d’après-midi, monte au mont Entoto, petite balade sympa.
Le soir, la scène culinaire d’Addis brille : Shiro, Injera, et vin de miel (si t’es alcoolique).
Jour 2 Gondar
Bus long (11 h) et monotone jusqu’à Gondar, le “Camelot africain”.
Rien d’extraordinaire sur la route.
Le soir, balade tranquille dans la ville.
Si tu restes plus longtemps, vois les bains de Fasilides et l’église Debre Birhan Selassie.
Jour 3 Entrée dans les monts Simien

Départ tôt de Gondar avec un tout petit groupe. Il faut un guide et un garde armé pour entrer.
J’ai réservé localement. Ce trek de trois jours dans le Simien depuis Gondar (lien affilié) est l’alternative la plus proche que j’ai trouvée pour réserver avant l’arrivée. Je n’ai pas utilisé cet opérateur.
Nous avons attendu près de deux heures au poste des rangers, pourtant vide. Café et voitures de l’ONU en mauvais état nous ont occupés. Malgré les nuages, la visite était belle : montagnes, babouins partout, air agréable, habitants proposant leur artisanat et histoires du guide et du ranger.
Au camp, il pleuvait fort. Dans la tempête, un voyageur mexicain a reconnu des coups de feu. En écoutant bien, ce n’était effectivement pas seulement la pluie.
Route depuis Gondar, formalités, attente et première marche remplissent déjà la journée. Installe le camp avant la nuit : les deux journées de randonnée ne sont pas interchangeables.
Jour 4 Monts Simien
Autres points de vue, falaises et cascades, avec davantage de géladas et beaucoup d’oiseaux. Consacre le matin aux belvédères éloignés ou à une crête plus longue, puis garde du temps pour rentrer à Gondar. Le parcours dépend du camp, de la météo et des accès ouverts.
Jour 5 Gondar

Camelot africain
Fasil Ghebbi – les châteaux royaux – a un charme unique, presque médiéval.
Le matin suffit pour les châteaux, où il faut engager un guide, puis flânerie dans la ville et trajets en rickshaw.
Attention aux arnaques : on convient d’un prix, puis on prétend qu’il était cent fois supérieur. Cent euros pour cinq minutes, ça fait beaucoup.
J’y ai rencontré James, un Chinois, avec qui j’ai voyagé plusieurs fois ensuite.
Jour 6 Bahir Dar
Trois heures de route jusqu’à Bahir Dar, ville aisée au bord du lac Tana. J’ai visité le mémorial des Martyrs, mangé à Bet Diplomat, parcouru les marchés et suivi la promenade du lac.
Jour 7 Chutes du Nil Bleu et lac Tana

Bus matinal et randonnée boueuse aux chutes du Nil Bleu : même dans la boue de juillet, c’était beau.
À l’entrée, on impose un guide en prétendant que tu te perdras sans lui. Le mien passait son temps à proposer des prostituées, parfois des enfants et des adolescentes. Absolument écœurant.
L’après-midi, visite du lac Tana et de ses monastères. Attention aux fausses associations étudiantes de bateaux : réserve auprès d’un opérateur officiel ou via ton hébergement.
Jour 8 Route vers Lalibela
Une journée entière de bus jusqu’à Lalibela, via Gashena. Pars tôt : à Gashena, le chauffeur m’a montré les taxis partagés et j’en ai immédiatement trouvé un vers le nord. Plus simple que prévu, mais peu de choses à voir en route.
Jour 9 Lalibela

Les églises taillées dans la roche sont impressionnantes. À mon arrivée, l’entrée était passée de 50 à 100 $, avec le guide en supplément, 5 à 50 $ selon le prêtre. Cette avidité m’a dégoûté.
Attention aux faux prêtres : ils proposent des visites bon marché mais n’expliquent ni les cérémonies ni où ils travaillent.
Malgré tout, marcher pieds nus dans les tunnels sombres et entendre les prières résonner reste intemporel.
Cette visite privée d’une journée des églises de Lalibela (lien affilié) couvre les principaux ensembles. J’ai organisé ma visite sur place et n’ai pas utilisé cet opérateur.
Jour 10 Monastères de Lalibela
Encore une journée pour les monastères des environs et les habitants. Le réceptionniste de mon hôtel m’a accompagné, moyennant paiement. En plus des monastères et d’une nouvelle visite des églises, je recommande Ben Abeba, restaurant de cuisine fusion écossaise dans un beau cadre.
Jour 11 Lalibela → Harar
Vol rapide vers Dire Dawa, puis navette jusqu’à Harar.
Sinon, deux jours de bus par Dessie, sans intérêt.
James l’a fait : “rien à voir, route pourrie, ville morte.”
Harar est différente : influences arabes, ruelles colorées, odeur du café Harari.
J’y suis arrivé en fin de journée, dîner tranquille et dodo.
Jour 12 Harar

Harar avec Solomon
Vieille ville, murs colorés, hyènes apprivoisées et Solomon, un guide rasta à connaître.
Il travaille parfois dans un musée le matin ; ce n’est pas un arnaqueur.
👉 Profil Showaround de Solomon
Avec James, on a passé la journée avec lui, à parler, rire, explorer, manger, et finir par le fameux nourrissage des hyènes.
Un vrai personnage, cultivé et attachant.
Peut-être a-t-il déménagé en Israël avec sa femme depuis ; la vie bouge.

Harar sans Solomon, mais avec James
Jour 13 Retour à Addis-Abeba
J’ai pris le bus de nuit plutôt que le train (question de timing). Mauvaise idée.
Bloqué à côté d’une femme de 100 kg qui suait des litres, fenêtre fermée, 47°C à l’extérieur.
L’enfer.
Les Éthiopiens refusent d’ouvrir les fenêtres, “ça porte malheur”.
Le soir, sortie avec James à Yob Abyssinia, resto folklorique connu.
Danses sympas, bouffe moyenne.
Sur le retour, agression : trois types ont volé le téléphone de James.
Ça a fini en baston.
On a gagné. Addis, quoi.
Addis grouille de prostituées, voleurs et drogués ; évite de marcher seul la nuit.
Jour 14 Arba Minch
Bus long vers le sud jusqu’à Arba Minch, porte de la vallée de l’Omo.
On a rencontré Miju, un guide Hamar recommandé par Nairobi, chef de l’association des guides.
On a visité les environs, les lacs et les crocodiles. La visite des Dorze était pour le lendemain ; à part chercher un circuit, cette journée était surtout une étape.
J’avais réservé localement. Ce circuit de quatre jours dans la vallée de l’Omo depuis Arba Minch (lien affilié) couvre Dorze, Konso, Turmi, Hamar et Mursi. Je n’ai pas fait ce circuit précis.
Pour un bon guide, demande Nairobi ; s’il n’est pas dispo, il te redirigera vers quelqu’un de fiable.
Jour 15 Dorze

Visite des Dorze, verre avec le roi, démonstrations de cuisine et dégustation de plats et d’alcool. La route depuis Arba Minch et l’organisation des étapes avec le guide remplissent aussi la journée. Dors près de la route du lendemain plutôt que de revenir à Arba Minch.
Jour 16 Turmi et pays Hamar
Continue vers Turmi et le pays Hamar. Les marchés constituent les points fixes les plus utiles : visites de villages et cérémonies dépendent du jour, des autorisations locales et de ce qui se passe réellement.
Avec mon guide, nous utilisions des motos. Le transport fait partie de la journée ; ce n’est pas du temps libre entre plusieurs visites garanties.
Jour 17 Mursi et Konso

Sur ces deux dernières journées, nous avons rencontré les Hamar, Mursi et Konso, chacun avec ses coutumes, sa beauté et sa dignité. Peut-être d’autres aussi : j’ai oublié certains noms.
Nous avons fait du stop dans des camions après le deuxième jour, quand Miju était trop fatigué pour conduire. Rejoindre Konso a pris une grande partie de la dernière étape : c’est le point d’arrivée, pas une visite rapide après plusieurs villages, puisque le départ pour Moyale se fait de là le lendemain.
Les meilleurs moments : marchés, observation de la vie locale, repas et verres partagés, fêtes. J’ai aimé ce mode de vie.
Même dans les villages aux huttes simples, les jeunes ont des téléphones et jouent à PUBG ou Fortnite. La technologie !
À Turmi, je me suis retrouvé dans une autre bagarre. Par respect pour les guides et le tourisme dans l’Omo, je n’en dirai pas davantage.
Jour 18 Konso → Moyale
Dernière étape jusqu’à Moyale, à la frontière kényane.
Région instable, conflits tribaux fréquents ; prudence extrême.
Les bus sont bondés, la route chaotique, le poste-frontière ferme tôt.
J’ai dormi dans un hôtel immonde : pas d’eau, pas de toilettes, mais plein de cafards.
10 €. À prendre ou à laisser.
Plus de temps ?
Je remplacerais Bahir Dar par Dalol, ou je l’ajouterais avec davantage de temps, si les conditions permettent l’accès. Le problème de l’Éthiopie est l’état des routes : on repasse souvent par Addis, une ville que je n’ai pas aimée.
Dernières pensées
L’Éthiopie demande de la patience, du respect et un certain goût pour la galère.
C’est chaotique, corrompu, vivant, intense, mais encore authentique.
Un des rares pays où le voyage reste vraiment sauvage. Je ne recommande pas ce voyage, mais si tu souhaites le faire, j’espère que mon itinéraire te sera utile.
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