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Le Mangystau est l’un de ces noms qu’on ne découvre qu’en regardant le Kazakhstan d’un peu plus près
(ou en passant trop de temps sur Instagram, comme moi).
Région isolée, rude, désertique, avec des paysages uniques — falaises, canyons blancs, mosquées souterraines, plateaux infinis.
Ce n’est pas le genre d’endroit où l’on passe « par hasard » : il faut le planifier dès le départ et l’intégrer à son itinéraire.
J’y suis allé lors d’un voyage de trois jours au départ d’Aktau, sur la côte de la mer Caspienne.
Pour rejoindre Aktau, j’ai pris un vol depuis Paris avec une escale à Istanbul.
C’était, au passage, le vol le moins cher vers le Kazakhstan.
Rejoindre le Mangystau en train
La gare pour Aktau est Mangistau / МАНГИСТАУ, à l’extérieur de la ville.
Exemples vérifiés le 3 novembre 2026, pour des départs les 10 et 11 novembre. Les prix sont par personne, en aller simple et en voiture-couchettes ouverte (platzkart) ; les équivalents en euros utilisent environ 508 KZT pour 1€.
- Astana–Mangystau : le train 037Х passe par Astana-1. Le départ du 11 novembre est à 20:50, avec une arrivée à Mangistau à 21:41 le 13 novembre : 48:51, dès 19 272 KZT (37,90€). Cette liaison part d’Astana-1, et non de Nurly Zhol.
- Almaty–Mangystau : le train du 10 novembre part d’Almaty-2 à 23:57 et arrive à Mangistau à 05:50 le 13 novembre : 53:53, dès 22 013 KZT (43,30€).
- Noukous–Mangystau : le train direct 649Ф relie le Karakalpakstan, en Ouzbékistan, à Mangistau. Le 10 novembre, il part de Noukous à 19:43 et arrive à 16:47 le lendemain : 21:04, dès 18 882 KZT (37,20€).
- Kungrad–Mangystau : le même train passe à Kungrad à 22:00 le 10 novembre : 18:47, dès 17 878 KZT (35,20€). Kungrad s’écrit aussi Qo‘ng‘irot.
Le train direct depuis l’Ouzbékistan ne circule pas tous les jours. Une autre liaison passe par Beyneu : le 11 novembre, le train Noukous–Beyneu circule de 05:00 à 16:18, soit 11:18. Beyneu–Mangistau prend ensuite environ 7–9 heures.
Les billets et horaires datés sont disponibles sur les sites des chemins de fer kazakhs et des chemins de fer ouzbeks.
Comment visiter le Mangystau
Voyager seul est techniquement possible, mais à moins de parler russe ou kazakh, de savoir conduire des heures sur des pistes pourries
et d’être prêt à camper sans assistance, le plus simple reste le tour organisé localement.
J’ai rejoint un petit groupe avec RedMaya Travel, trouvé en ligne avant mon arrivée. C’est l’agence que j’ai utilisée et ma première recommandation ; ce lien direct n’est pas affilié.
Si RedMaya n’est pas disponible ou si vous préférez GetYourGuide, ce circuit de trois jours en jeep avec camping dans le Mangystau (lien affilié) est une alternative. Je n’ai pas fait ce circuit précis : privilégiez RedMaya si possible.
Nous étions six voyageurs répartis dans deux voitures, chacune avec un chauffeur, et un guide pour nous accompagner.
Les trois formaient une même famille : rodés, bien équipés, autonomes (et excellents cuisiniers de camp !).
Les distances sont immenses, les routes déroutantes, et les points d’intérêt très espacés.
Les transports publics permettent de rejoindre la région, mais ne relient pas les sites du désert. Les rares villages peuvent être à 100 km d’une étape du circuit.
Résultat : ce n’est pas un voyage « budget ». Il faut prévoir des sous.
(J’ai utilisé RedMaya Travel, donc je les recommande sans hésiter !)
Nourriture & Eau
Les repas étaient un mélange de cantines locales et de cuisine de camp.
- Cantines : plats kazakhs simples, portions énormes, corrects.
- Campement : étonnamment bon ! copieux, varié, et cuisiné sur le feu.
- À prévoir : quelques snacks à partager, toujours une bonne idée.
Ils ont même géré les allergies alimentaires sans souci, chapeau. Je ne peux pas manger de tomates : voilà pourquoi vous ne voyez pas beaucoup de plats à base de tomate sur ce site.
Nous avons aussi croisé deux fois des touristes russes perdus. Certains traversent la région à vélo : c’est donc possible, même si ce n’est pas ma solution.

Paysages & Balades
La raison principale pour venir ici : les paysages surréalistes.
Je ne vais pas tout spoiler, mais les temps forts incluent le canyon de Bozjyra, la vallée des boules de pierre (Torysh), les mosquées souterraines,
et des plateaux qui s’étendent à perte de vue.
Trois jours suffisent pour voir les essentiels à un bon rythme.
Quatre jours seraient de trop, deux jours pas assez.
J’ai marché entre 7 et 14 km par jour, mais on peut faire moins — j’aime explorer à pied, et mon groupe aussi.
Attention à la chaleur : en juillet, c’est un vrai four.
Au final, le rythme est parfait : longues routes, arrêts photo et rando,
puis camping sous un ciel plein d’étoiles.
Guides & Chauffeurs
Notre guide connaissait bien la région et aimait discuter. Il expliquait les lieux visités et l’organisation familiale de l’itinéraire, des camps et des repas.
Les deux chauffeurs géraient les pistes et le sable sans broncher.
Leur anglais était limité, mais la communication fonctionnait :
efficacité kazakhe, tout simplement.
Budget
Le Mangystau n’est pas un voyage économique.
Les tours sont plus chers que dans le reste du pays,
mais vous payez pour deux chauffeurs, un guide, deux 4x4, le carburant, le matériel de camping
(tentes individuelles, souvent à usage unique), et la logistique complète.
Pour trois jours complets, le prix reste logique,
surtout vu le faible nombre de visiteurs pour l’instant.
Météo
En juillet, il faisait plus de 40 °C, avec un air surtout sec. C’est plus supportable que les récents étés humides français, mais le soleil est impitoyable et l’absence d’ombre rend la chaleur trompeuse. Les coups de chaleur sont fréquents : prenez lunettes, chapeau, casquette ou ombrelle et de l’eau. Aktau est plus fraîche mais plus humide, à cause de la mer.
Infos pratiques
- Meilleure saison : printemps et automne. Été = canicule, hiver = vent glacial.
- À emporter : vêtements en couches, bonnes chaussures, crème solaire, chapeau.
- Réseau mobile : quasi nul dans le désert.
- Toilettes : camping sauvage, donc souvent en pleine nature ; il existe toutefois quelques installations que les guides connaissent.
- Nuit : camping obligatoire, souvent venteux.
Et après ?
Le Mangystau s’intègre bien dans un itinéraire plus large en Asie centrale.
Depuis Aktau, plusieurs options :
- Astana : vols directs, souvent le plus rapide (c’est ce que j’ai fait).
- Almaty : avion ou plus de deux jours de train, comme dans l’exemple d’arrivée ci-dessus.
- Ouzbékistan : liaison directe Mangistau–Noukous les jours de circulation, ou correspondance par Beyneu, vers le Karakalpakstan. Bonne option pour voir le cimetière de bateaux et continuer vers la Route de la Soie.
- Istanbul : vols fréquents (mon escale à moi, dans le royaume du kebab).
- Tbilissi : beaucoup de liaisons aériennes, pratique si vous filez vers le Caucase.




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